2017

15.04 - 15.07

MODUS OPERANDI

Pep Agut

Elena Bajo

Robert Barry

Julien Bismuth

Mel Bochner

Angela Bulloch

Alejandro Cesarco

Luis Paulo Costa

Claude Closky

Hanne Darboven

Alec De Busschère

Alessandro De Francesco

Francois Dallegret

Walter De Maria

Jan Dibbets

Detanico Lain

Pascal Dombis

Peter Downsbrough

Mark Geffriaud

Aurélie Godard

Isidore Isou

Nicholas Knight

LAb[au]

David Lamelas

Sol LeWitt

Eva & Franco Mattes

Manfred Mohr

Gianni Motti

Paulo Nazareth

Dennis Oppenheim

Casey Reas

Claude Rutault

Roland Sabatier

Peter Scott

Daniel Spœrri & Robert Filliou

Joëlle Tuerlinckx

UBERMORGEN

Oriol Vilanova

Lawrence Weiner

Ian Wilson

Erwin Wurm

Co-commissariat: Société

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Gregory Lang

L'exposition Modus Operandi active une des stratégies bien connues de l'art conceptuel, qui fait usage de protocoles et pose la question de l’art par délégation. L’œuvre d'art dont le concept est élaboré par l’artiste se présente sous la forme d'un énoncé écrit ou verbal de son auteur, pour son exécution par autrui. Les directives prennent forme concrètement sous la main et l’œil d’experts avisés, parfois un assistant désigné et le curator lui-même, le plus souvent en dialogue avec l’artiste. L’instruction peut se transmettre à travers : des 'cartes' comme avec les ‘event scores’ de l'artiste George Brecht ou telles que dans la série d’expositions ‘numbers 1969–74' de Lucy Lippard ; des 'certificats' pour les ‘instructions’ Sol Lewitt ou les ‘statements’ de Laurence Weiner ; des ‘définitions / méthodes’ pour Claude Rutault ; des ‘énoncés communiqués par téléphone’ tels que dans l'exposition mythique ‘Art by Telephone' de 1969 et ses récentes versions ‘… Recalled’. Ainsi l’œuvre d'art existe déjà en tant que description, et une collection d'instructions permet de constituer une exposition.

Cette nouvelle exposition de Société propose d’explorer la dématérialisation de l'art et sa mise en pratique autour de pièces historiques et d’œuvres actuelles. C’est l’occasion de mettre en perspective un type d’art conceptuel en lien avec l’art algorithmique, rapprochement opéré dès 1970 lors de l’exposition ‘Software’, à l’instar de Sol LeWitt qui explique dans Paragraphs on Conceptual Art (1967) « Quand un artiste utilise une forme conceptuelle, cela signifie que tout est arrêté et décidé préalablement et que l'exécution est une affaire de routine. L'idée devient une machine qui fait l'art... ».

L'art du protocole se rapproche cependant de la partition musicale qui nécessite à chaque fois une nouvelle interprétation. L’œuvre existe uniquement grâce à son mode de transmission, à son exécution et à la documentation de ses réactivations. Mais les directives des artistes conceptuels laissent délibérément place à la subjectivité de l’interprète ou du créateur qui réalise l’œuvre finale. Le processus contient plusieurs étapes avec un dialogue nécessaire à l’interprétation, qui tend à une expérience proche du workshop et de la performance pour ceux qui l’activent et lui donnent corps. Cet aspect 'performatif' engendre une variation de réalisations en fonction de chaque contexte, car l’œuvre se rejoue selon les contraintes, les références contemporaines et les choix de ceux qui les suivent. Même si ils suivent les indications à la lettre et sont en échange avec l’artiste ou son atelier, si le principe est fixé, l’œuvre varie légèrement et gagne en signification à chaque itération.